Merveille d’intelligence et de fonctionnalités, elle est non seulement le plus grand organe du corps, mais également le plus grand détecteur sensoriel, puisqu’elle est innervée sur toute sa surface, sous la couche cornée; La partie superficielle de l’épiderme dérivant du même feuillet embryonnaire que celui qui donne naissance au système nerveux (ectoderme). Certains la considère comme un « cerveau étalé », tant il lui prête de similitudes.

Anatomie et fonctionnement de la peau

Récapitulatif

Selon les sources, chez l’adulte moyen, sa superficie varie entre 1,2-1.5 et 2,2-2.5 m2 et pèse environ 4 kg (ou 7 % de la masse corporelle totale).

La peau est aussi appelée tégument (couverture), mais si l’on considère ses nombreuses fonctions, on s’aperçoit qu’elle est bien davantage qu’un contenant pour notre corps. A la fois souple et résistante, la peau est capable de subir les constantes attaques du milieu extérieur, car si en théorie on nous enlevait notre peau, nous serions rapidement en proie aux bactéries exogènes et nous péririons par suite de la déperdition d’eau et de chaleur, comme cela survient parfois chez les grands brûlés. ​

La peau, dont l’épaisseur varie entre 1,5 et 4 mm, voir plus dans certaines régions du corps, est constituée de trois couches successives distinctes : l’épiderme, le derme et l’hypoderme; Ce dernier étant parfois considéré comme une couche sous-cutanée.​

Ce chapitre  en plusieurs parties s’attellera à décrire tout d’abord les couches qui composent ce merveilleux organe qui recouvre notre corps, ainsi que leurs fonctions. Nous digresserons ensuite plus en profondeur dans les parties inférieures méconnues qui recouvrent les muscles striés.

Comme énoncé dans le chapitre précédent, nous avons pu y énumérer les propriétés de ce revêtement qui régit les échanges entre notre système, endogène, et le milieux extérieur, exogène.

Il est à retenir que la plupart des manuels comme de l’avis des scientifiques ne considère la peau que techniquement constituée de seulement deux épaisseurs, l’épiderme et le derme; car l’hypoderme fait partie d’un autre organe mésodermique, le fascia (l’hypoderme en est sa face supérieure)

La fonction primordiale de la peau, est d’assurer le rôle d’une barrière: physique, chimique, thermique, hydrique et organique, mais pas seulement; Car sa fonction de médiateur entre l’intérieur et l’extérieur est tout aussi vitale à son porteur que celui d’une simple cuirasse.​

La qualité de cette semi-perméabilité sera soumise à un état de stress, qu’il soit métabolique (intoxication, intoxination, activité physique…), immunitaire, émotionnel (ressenti ou réprimé).

 Qu’elle soit dans le sens INT=>EXT ou EXT=> INT, La diffusion des fluides qui traversent son épaisseur, peut être:​

Soit simple:

   -Par pression osmotique (la substance passe toute seule pour équilibrer sa concentration de part et d’autre), par évaporation ou émission glandulaire (transpiration par les sudoripares ou eccrines, holocrine par les glandes sébacées…) soit par pression oncotique (le corps salin attire l’eau, le corps acide la chasse) ​

   -Par la perspiration (évaporation de l’eau par les pores)

Soit facilité:

   -par des enzymes (Les protéines ont des propriétés ​oncotiques qui sont propre à chacune), ou soit activée par des pompes​ spécifiques électrolytique (selon le ou les ions qu’elles attirent, elles ​captent en même temps une ou plusieurs molécules d’eau avec elles, en fonction de ses charges électriques, de leurs teneurs en oxygène…).​

1. L’épiderme: histologie

Cette couche superficielle faisant partie des tissus épithéliaux (comme ceux recouvrant le tube digestif, vaginal, pulmonaire…) est hydratée et nourrie, par liquide appelé lymphe intercellulaire. Elle se compose d’une muqueuse stratifié squameux. L’épiderme est constitué de quatre types de cellules, les  kératinocytes  (de kéra signifiant corne),  mélanocytesmacrophagocytes  intraépidermique, cellules de Merkel , et de quatre épaisseurs distinctes, couche cornée, granuleuse, épineuse et basale. Il n’est irrigué ni de vaisseaux sanguins ni de réseau ganglionnaire lymphatiques; Il se régule par imbibition (capillarité), depuis les réseaux capillaires dermiques.

De l’intérieur vers l’extérieur, le processus fonctionne ainsi:​
La couche basale est constituée d’une seule épaisseur de ​kératinocytes jeunes se multipliant à vive allure, afin de remplacer les kératinocytes des couches supérieures, se désagrégeant et servant de rempart à user contre l’extérieur. ​

Chaque fois qu’une cellule issue de la couche basale se divise, elle migre, poussée à son tour par la mitose de la suivante, vers la couche épineuse, puis ceux-ci vont poursuivre leurs cheminements au travers de la couche granuleuse, jusqu’à la cornée.

   Les kératinocytes sont les cellules les plus abondantes dans ​l’épiderme et composent majoritairement la couche épineuse. ​Celle-ci contient 8 à 10 épaisseurs de molécules polyédriques, qui​ renferment un réseau de faisceaux de prékératine.​
Formés à partir de la couche granuleuse de la protéine​ fibreuse lui donnant son nom, la kératine, ils sont liés les uns aux autres par la chromatine et les desmosomes (liens). ​
   Entre la couche granuleuse et la cornée est une épaisseur de transition appelée couche claire, où a lieu l’adhérence​ des granules de kératinocytes aux filaments de kératine. Cette épaisseur formée de deux ou trois rangées de kératinocytes​ clairs, aplatis et morts, sera présente uniquement dans la peau épaisse. C’est ici que les kératinocytes vont  entamer leur désintégration  par le  processus de kératinisation. La couche supérieure (cornée) de l’épiderme est composée de  kératinocytes morts (20 à 30 couches de cellules). Ainsi cette superposition forme un tissu imperméable et difficilement  franchissable pour les micro-organismes pathogènes.

La couche cornée selon les endroits du corps​ peut atteindre une grande variation d’épaisseur

Ainsi, la plante des pieds peut atteindre 6 millimètres d’épaisseur

– La Paume et le dos des mains, 0.4 millimètres d’épaisseur,

– L’avant-bras , 0.16 millimètres d’épaisseur, excepté au coude comme sur les genoux qui varieront selon les pratiques physiques.

– L’abdomen quand à lui peu atteindre 0.15 millimètres, alors que le dos 0.1 et le visage 0.12 millimètres d’épaisseur. 

Il s’agit uniquement ici de l’épaisseur de la couche cornée, car pour ce qui est de l’épaisseur de la peau dans sa totalité, c’est a contrario la zone du haut du dos qui est la​ plus épaisse (trapèze)

Et oui… nous avons tous une couche de cellules mortes qui recouvre notre corps, afin d’opérer la première barrière de protection de notre épiderme. Mais notre celui-ci ne se borne pas à une simple protection mécanique:

1.2 De la couche granuleuse à la couche cornée: la barrière mécanique

La couche granuleuse est assez fine, de 4 à 6 épaisseurs de kératinocytes, qui entament le processus qui conduit à la couche supérieure, la kératinisation. Différente de la kératine capillaire et unguéale,​ cette kératine molle, filandreuse est une protéine formée principalement de cystine, un composé d’acide aminé soufré, cultivé par les kératinocytes jusqu’à la liaison aux kératohyaline composant du corps des kératinocytes. Cela s’apparente à une fossilisation par vernissage qui permettra à leur stade ultime de croissance et selon les besoins dus aux frictions en surface (énergie en opposition) l’agglomération en une couche cornée plate qui s’épaissie donc selon la protection nécessaire des kératinocytes des couches inférieures. Visible aux endroits de la peau plus épaisse, la couche claire, épaisse de deux ou trois strates, n’est en fait qu’une manifestation de ce phénomène.​ 

 

1.3 les systèmes de défense de l’épiderme

Les agressions exogènes peuvent de multiple natures: 

-Choc des tissus par impacte d’une masse à sa surface

-Pénétration d’un corps étranger dans l’épiderme

-les brûlures, qu’elles soient de nature thermiques (chaud ou froid), chimique (acides ou basiques) Les rayonnement UV, X, de nature électrique ou électromagnétique…

-Les empoisonnement (contaminant chimiques, biochimiques ou bactériens)

-Obstruction des voies respiratoires et excrétoires de la peau

En cas de détection d’un agent pathogène à la surface ou dans les premières strates non vascularisées, l’épiderme organise outre cette ligne de défense contre l’extérieur que compte les amas de kératinocytes, quatre autres systèmes de défense:

-les agents bactériens épidermiques

-La régulation du PH de la peau

-La réponse et modulation inflammatoire

-Macrophages et leucocytes de la couche basale

 

Nous développerons leurs fonctionnements dans le prochain article

 

A suivre: Biologie de la peau: les systèmes de défense

Crédit photo pixabay:  prithpalbhatia9, Pezibear, Giulia Marotta, Siggy Nowak

Crédit illustration: Gray, Henry, 1825-1861; Spitzka, Edward Anthony, 1876-1922

Dessin: Vincent Rousseau

Sources Biologie de la peau chapitres 1&2: 

Anatomie et physiologie humaine d’ Elaine N. Marieb et Katja Hoehn

https://biologiedelapeau.fr/spip.php?article84
https://tel.archives-ouvertes.fr/file/index/docid/207740/filename/VT_thesis_VF.pdf

http://www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/5699/MS_2006_2_131.html?sequence=27&isAllowed=y
https://fr.wikiversity.org/wiki/Peau/Histophysiologie_de_la_peau
https://hal.univ-lorraine.fr/hal-01732837/document
https://www.therapeutique-dermatologique.org/spip.php?article1365#paragraphe-3
http://ao.um5.ac.ma/xmlui/bitstream/handle/123456789/1109/P0602013.pdf?sequence=1&isAllowed=y
https://lyon-sud.univ-lyon1.fr/servlet/com.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw?ID_FICHIER=1320402908123